Histoire du café


Le café a toujours eu une réputation exotique. Combien de commerciaux télévisés nous présentent des scènes se déroulant dans un désert ou sur un yacht, servant de toile de fond à une passion naissante, pour nous vendre la riche saveur du café?

Son histoire débute en Afrique de l’Est. Selon la légende, au milieu du 9e siècle vivait en Abyssinie, l’actuelle Éthiopie, un gardien de chèvres nommé Khaldi. Un jour, ses chèvres, normalement si paisibles, semblaient tout excitées. Intrigué par leur comportement, Khaldi les suivit et découvrit que ses animaux mangeaient les fruits rouges d’un arbre au feuillage vert.

Après avoir consommé lui-même de ces fruits, Khaldi se sentit euphorique. Pris d’excitation, il se précipita pour faire partager sa découverte. Il rencontra un vieux mollah déprimé, car il avait de la difficulté à rester éveillé pendant les prières.

Khaldi lui fit part de son secret et le café devint son remontant favori. Le mollah, en homme éduqué, fit des expériences avec les petites baies rouges et finalement les fit bouillir. Le fruit du caféier se transforma en une boisson parfumée et délicieuse.

Les caféiers continuèrent à pousser à l’état sauvage sur les plateaux d’Éthiopie. Ce fut cependant sur la rive Est de la mer Rouge, au Yémen, que le café devint populaire, quelques centaines d’années après l’aventure de Khaldi. Le principal port du Yémen à l’époque servait de point de départ pour les envois de grains en Indes à Java et à Venise Ce port Moka, donna son nom à l’une des variétés de café les plus appréciées dans le monde.

Considéré comme un remède miracle, le café n’était consommé, au Yémen et en Arabie, que sur la recommandation d’un médecin.

Il ne fut pas confiné longtemps à un simple rôle médicinal. Plusieurs y voyaient un stimulant intellectuel et d’autres lui accordaient le pouvoir de provoquer des visions mystiques. Bientôt, de nombreux « cafés » ouvrirent leurs portes, dont certains au cœur de La Mecque, la ville sainte du monde musulman.

L’engouement pour ce genre d’établissements se propagea lentement vers le nord pour atteindre l’Europe au 17e siècle. Les sources nous apprennent que le premier café européen vit le jour à Venise en 1645.

Les Arabes, jaloux de leur découverte, refusaient que des grains de café féconds sortent de leur territoire. Les grains étaient torréfiés ou bouillis avant d’être vendu aux étrangers.

Cependant, dans les dernières années du 15e siècle un événement majeur se produisit. Baba Budan était un musulman indien en pèlerinage en Arabie. Lorsqu’il retourna chez lui, il fixa sept grains de café à son torse et réussit à les ramener en Indes, dans l’espoir d’en faire la culture dans son ermitage de Chikamalagur. La légende prétend que tous les cafés du monde tirent leur origine de ces sept grains.

La production commerciale du café utilise deux espèces : Coffea arabica est originaire du Moyen-Orient et Coffea robusta pousse à l’état sauvage au Congo. Les caféiers de types arabica, qui sont les plus cultivés dans le monde, produisent des cafés de grande qualité. Les arbres de type robusta sont très résistants et peuvent pousser dans une grande variété de climats. Ses grains composent la majorité des cafés instantanés.

Les Hollandais furent les premiers Européens à s’intéresser au marché du café. Ils importèrent des plants, depuis la côte de Malabar en Indes, jusqu’à leur colonie des Indes néerlandaises, l’actuelle Indonésie.

En 1715, des marchands hollandais souhaitant entrer dans les bonnes grâces de Louis XIV, le très puissant et influent roi de France (un grand amateur de café), lui offrirent un caféier. Sa progéniture compte des millions d’arbres en Amérique de Sud et en Amérique centrale.

Les premières pousses de caféier atteignirent la Martinique, dans Les Caraïbes, en 1720. L’homme qui par son acharnement rendit possible cette situation est l’un des plus grand héros de l’histoire du café : le chevalier Gabriel Mathieu de Clieu.

Les autorités françaises étaient sceptiques face à son projet. Ne reculant devant rien, Clieu vola des boutures avant de s’enfuir vers la Martinique pour y commencer la culture du café.

En chemin, il déjoua plusieurs attentats visant à détruire ses plants. Son vaisseau fut attaqué par des pirates pour ensuite être pris dans une accalmie, ce qui causa une pénurie d’eau. Une seule des boutures survécut; Clieu partagea sa ration d’eau avec le plant, jusqu’à ce que la pousse maigrichonne puisse être fichée dans le sol de la Martinique.

Une fois plantée, la bouture s’est épanouie. Moins de 50 ans plus tard, 20 millions de caféiers étaient cultivés en Martinique et dans les îles voisines. Malheureusement, Clieu ne vécut pas assez longtemps pour voir la première récolte. Mais, au moment de sa mort, les efforts avaient été reconnus et son nom était au Panthéon des grandes personnalités françaises, aux côtés d’Antoine Parmentier, celui qui avait introduit la pomme de terre en France.

En 1730, les Britanniques apportèrent des plants en Jamaïque où se développa le très réputé Blue Mountain. En 1880, la boucle fut complétée lorsque les Britanniques implantèrent la culture du café en Afrique de l’Est, plus précisément au Kenya.

Les contrées du pourtour du Pacifique sont elles aussi propices à la culture du café. Dans les dernières décennies du 19e siècle, les Français établirent des plantations au Vietnam. En 1896, des plants de robusta en provenance du Brésil, qui déjà à ce moment était le plus grand producteur de café dans le monde, furent introduits dans la province du Queensland en Australie.

En 1720, l’empereur du Brésil était déterminé à faire de son pays une puissance dans le monde du café. Son émissaire, Don Francisco de Mahla Palheta, eut pour mission de se rendre en Guyane française pour se procurer les précieux grains. Les Français, comme les Arabes et les Hollandais avant eux, gardèrent jalousement leur trésor. Le charmant Don n’eut droit qu’à des rebuffades de la part des autorités françaises. Pour l’honneur du Brésil, il parvint à séduire la femme du gouverneur. Elle lui fit cadeau d’un bouquet de fleurs dans lequel étaient placés les grains et les boutures de l’immense empire du café brésilien. Cette anecdote tombe juste à point pour mettre fin à notre brève histoire de ce grain séducteur.

Références : La Dolce Vita « Café » Éditions du Trécarré

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